| Minéral par son squelette, végétal
par son allure, animal en réalité, le corail fascine les hommes
depuis les temps préhistoriques. Les premières utilisations
du corail remontent en effet au Paléolithique supérieur (env.
20 000 Av. J.C.). Plus tard, les Égyptiens, les Grecs et les Romains
le représenteront sur des peintures murales, sur des vases, ou l'utiliseront
pour la réalisation de bijoux et d'objets divers. La religion chrétienne
fera de la couleur rouge du corail le symbole du sang du sacrifice du Christ.
Il faut dire que le corail n'est pas un simple objet, mais un produit des
Dieux. C'est en effet Persée, qui, d'après la légende
grecque, au cours d'une terrible bataille avec la Gorgone, lui trancha la
tête et la déposa sur un lit d'algues marines. Les algues recouvertes
par le sang qui coula abondamment de la tête de la Gorgone se pétrifièrent
et devinrent du corail dont la semence se répandit à travers
les ondes.
Son origine divine lui confère des pouvoirs magiques, accentués
par sa localisation dans les profondeurs marines : il met en échec
le mauvais, protège les récoltes, donne à la terre
sa fertilité, défend les navires contre la foudre, éloigne
la haine de la maison. Le commerce antique échangeait le corail
de Méditerranée contre l'ambre de la mer du Nord. Au Moyen
Âge, il était d'usage de porter dans sa bourse quelques morceaux
de corail comme talisman contre les sorcières. Il fut aussi employé
à des fins médicales où ses vertus sont supposées
nombreuses. Sous forme de poudre par exemple, il était introduit
dans la bouillie des bébés afin de les protéger contre
les épidémies (Liverino, 1983 ; Spinosa, 1990 ; Ascione,
1993).
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