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Malgré cette utilisation plusieurs fois millénaire, la
nature réelle du corail rouge est restée longtemps mystérieuse
et de nombreux et vifs débats ont opposé partisans d'un
corail végétal aux partisans du corail animal voire minéral.
Il faut attendre le XVIIIème siècle avec les travaux d'un
jeune médecin marseillais, Jean-André PEYSSONNEL, pour que
la nature animale du corail rouge soit enfin reconnue. Il écrit
au Directeur de l'Académie des Sciences, le célèbre
savant René-Antoine FERCHAULT DE RÉAUMUR : "j'observais
ce que nous croyons être la fleur de cette prétendue plante
n'est au vrai qu'un insecte semblable à une petite ortie... J'avais
le plaisir de voir remuer les pattes de cette ortie, et ayant mis le vase
plein d'eau où le corail était à une douce chaleur
auprès du feu, tous les petits insectes s'épanouirent"
(McConnel, 1990 ; Weinberg, 1993).
Cependant, RÉAUMUR, influencé par les connaissances de
l'époque, ne croit pas aux observations de PEYSSONNEL et les critique.
Mais, les travaux du Hollandais TREMBLEY sur l'hydre verte, qui venaient
de montrer la nature animale de ce qui allait devenir un proche parent
du corail, ébranlèrent Réaumur. Dans la préface
de son "Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes"
(1742), dans laquelle il décrit pour la première fois les
résultats de Trembley, Réaumur fait amende honorable : "le
soin porté par Monsieur PEYSSONNEL pour réaliser ses observations
aurait dû me convaincre plus tôt que les fleurs du Comte de
MARSIGLI étaient réellement des animaux". Le corail
était définitivement un animal.
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