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L'anatomie du corail rouge est relativement simple (Grillo et al., 1993
; Allemand, 1993) : les tissus recouvrent le squelette axial comme un
doigt de gant. La morphologie des tissus est classique de l'embranchement
: deux couches de tissus (formées chacune d'une seule épaisseur
de cellules) enserrent une couche gélatineuse sans cellule appelée
mésoglée. Un lacis de petits canaux parcourt la mésoglée,
comme un système circulatoire dont la fonction est encore mal comprise.
Ces petits canaux communiquent avec de gros canaux situés parallèlement
au squelette axial et avec les polypes qui constituent les bouches du
corail (et non pas un animal à lui tout seul, comme on le croit
souvent). Ces polypes qui portent 8 tentacules peuvent se rétracter
complètement dans de petites loges, disparaissant totalement à
la vue. Les cycles d'ouverture / fermeture des polypes, tout comme leur
fonction exacte sont là encore mal connus (Russo et al., 1993).
Leur fermeture ne signifie pas en tout cas que le corail est mort. La
mésoglée contient aussi des petits grains de calcaire, appelés
spicules, situés près de la surface externe de l'animal,
et qui pourraient jouer un rôle dans la protection mécanique
contre l'abrasion.
Le squelette a une double origine : la squelettogenèse apicale
(qui constituera le centre du squelette) est due à la fusion des
spicules entre eux. Une fois le centre de l'axe formé, la croissance
en épaisseur résulte d'une sécrétion par les
couches de tissus les plus profondes (ou épithélium squelettogénique
; Allemand et Grillo, 1992 ; Grillo et al., 1993 ; Allemand et Bénazet,
1996), et non, comme il a été longtemps suggéré
(Lacaze-Duthiers, 1864 ; Grassé, 1987), de la migration puis de
la fusion des spicules à partir de la mésoglée. Seul
ce squelette a une valeur commerciale : il est formé de carbonate
de calcium (CaCO3), cristallisé sous
la forme de calcite. Il possède également une fraction organique
représentant environ 1,5 % du poids total du squelette (Allemand
et al., 1994). Cette fraction organique, constituée de protéines
et de glycosaminoglycanes complexes, jouerait un rôle clé
dans le contrôle des processus de calcification et constituerait
une charpente conférant à la structure calcifiée,
des propriétés mécaniques exceptionnelles (la pression
de rupture d'une telle structure est 10 fois supérieure à
celle du béton !). La couleur rouge du corail est uniquement due
à la pigmentation de son squelette par des substances du type carotène
(Merlin et Delé, 1983).
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