| On estime actuellement que la quantité annuelle
de corail rouge pêchée en Méditerranée est
de 70 tonnes (FAO, 1989). Si l'espèce corail rouge ne semble pas
en danger, par contre, sa haute valeur économique, ou tout simplement
son attrait sur les plongeurs amateurs a provoqué la surexploitation
des zones de faibles profondeurs, aboutissant à sa totale disparition
en beaucoup d'endroits sur nos côtes. La pêche professionnelle
se pratiquait traditionnellement jusqu'à il y a peu de temps encore
grâce à des engins traînants. La Croix de Saint-André
est constituée d'une croix de bois ou plus récemment d'acier
à laquelle sont attachés des filets. Traînée
par le bateau sur des fonds d'une cinquantaine de mètres, la croix
brise les colonies de corail dont les morceaux se prennent dans les filets.
Un tel équipage remonte de 1 à 2 tonnes de corail par an.
Mais les dégâts sur le fond sont importants, et surtout non
spécifiques. Par contre, les nombreux petits morceaux restants
sur le sol peuvent permettre le bouturage.
De nos jours, la majorité de la pêche est effectuée
en scaphandre autonome, un plongeur pouvant collecter ainsi jusqu'à
200 à 300 kg annuellement en 200 plongées environ. Cette
méthode apparaît beaucoup plus sélective. Le corailleur
ne voulant pas détruire le banc de corail qu'il exploite, ne ramassera
que les grosses branches (supérieures à 7 mm de diamètre)
dont la valeur marchande est plus importante. Malheureusement, les nouvelles
techniques de bijouterie permettent, à partir de fragments de squelette
réduit en poudre, de reconstituer grâce à des résines
synthétiques un morceau de corail. Ces méthodes risquent
rapidement de provoquer le ramassage des colonies de petites tailles,
jusqu'ici non commercialisables.
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