Les Cnidaires sont à la fois hétérotrophes
et autotrophes par rapport au carbone. Bien que la présence de zooxanthelles
au sein des tissus animaux assure jusqu'à 150 % des besoins énergétiques
du corail, ils conservent un comportement de prédateur. Il a été
mis en évidence les mécanismes complexes utilisés par
les coraux pour capturer du plancton, pour utiliser des détritus
ainsi que de la matière organique dissoute. La nutrition hétérotrophe
utilise les tentacules, le mucus, les cellules ciliaires et surtout les
cnidocytes. Lors de captures de proies, les cnidocytes présents sur
les tentacules les paralysent, puis les tentacules les portent vers la bouche.
Les proies et diverses particules organiques peuvent être piégées
au niveau du cnosarque, elles sont alors engluées dans du mucus
puis, grâce à l'action conjuguée des mouvements ciliaires
et des tentacules, les agrégats sont transportés vers la bouche,
puis vers le clentéron pour y être digérés.
Dans quelques cas, les filaments mésentériques peuvent être
éjectés pour permettre une digestion externe. Les coraux sont
aussi capables d'assimiler directement la matière organique dissoute
par absorption ainsi que de la matière organique en suspension.
Cnidocyte : cellule urticante
Lors de la capture de proies, les Cnidaires utilisent
un type cellulaire qui caractérise tout l'embranchement, le cnidocyte.
C'est une cellule sensorielle et sécrétrice dont 30 types
ont été décrits dans le phylum des Cnidaires.
Cette cellule hautement spécialisée sert à la capture
de proies et à la protection de l'organisme. Elle comporte une
capsule qui enferme un filament urticant, le cnidocyste, enroulé
autour d'un axe, invaginé à la façon d'un doigt de
gant, baignant dans une matrice liquide généralement toxique
qui est injectée dans l'éventuelle proie lors du fonctionnement
du cnidocyste. La cellule porte un cnidocil orienté vers le milieu
extérieur, dont la stimulation mécanique engendre un signal
électrique qui provoque l'exocytose explosive du cnidocyste. Chez
Hydra, ce mécanisme d'exocytose dure moins de 3 millisecondes.
Dans la capsule règne une pression d'origine osmotique de 1,5 107
Pa, due à la présence de cations inorganiques (K+,
Mg2+ ou Ca2+)
et de quelques rares polyanions. Les cnidocystes ne fonctionnent qu'une
seule fois et sont incapables de se régénérer. Les
cellules sont remplacées par de nouvelles cellules dérivées
de la différenciation de cellules pluripotentes, les cellules interstitielles.
Mucus : caractéristique adaptative
d'un organisme benthique
Chez les coraux, le mucus est utilisé lors de processus
aussi variés que la nutrition, la protection contre la sédimentation
ou contre la dessiccation lors de l'émersion pendant des marées
basses. Le mucus est une substance hydrophile constituée de complexes
glycolipidiques et glycoprotéiques caractérisés par
une liaison carbone-phosphore résistante à l'hydrolyse qui
le rend très différent de celui d'autres invertébrés
et de vertébrés. À la surface de la colonie, le mucus
est colonisé par une microflore et piège la matière
en suspension. Il est alors rapidement dégradé et recyclé
par des bactéries et par du zooplancton. La production de mucus est
accrue en cas de stress provoqué par exemple par une hypersédimentation.
Le mucus piège alors les particules puis il est éliminé
par des mouvements ciliaires.