| La symbiose est une association qui dure pendant au moins
une partie du cycle biologique, entre deux ou plusieurs organismes spécifiquement
distincts. Cette association conduit à la formation d'une nouvelle
entité biologique, le symbiocosme, lui-même soumis à
la sélection naturelle. Au plan physiologique, la symbiose permet
généralement une meilleure adaptation au milieu et, au plan
génétique, elle est un moyen sophistiqué d'acquérir
de nouveaux gènes par transfert latéral. L'intégration
du symbiote au métabolisme de l'hôte est parfois si poussée
que le symbiote fait figure de nouvel organite cytoplasmique.
Le symbiote est en quelque sorte un ensemble de gènes prêt
à fonctionner, acquis d'un coup et généralement transmis
à toute la descendance par voie maternelle. Comme ces gènes
confèrent généralement un avantage, la symbiose tend
à se répandre très rapidement dans toute la population
et même dans toute l'espèce. Il s'agit d'un mécanisme
beaucoup plus efficace que la mutagenèse ou les remaniements chromosomiques
pour modifier le génome global. Dans un second temps d'ailleurs,
des gènes peuvent être transférés du symbiote
vers le génome nucléaire de l'hôte, comme cela a été
proposé pour les mitochondries et les plastes. Ainsi, d'une certaine
façon, le symbiote intégré fait-il figure d'organite
complètement domestiqué par l'hôte. Selon ce raisonnement,
l'hôte pourrait être considéré comme un parasite
vis-à-vis du symbiote, la symbiose étant considérée
comme un mécanisme ultime de prédation génique inventé
par les métazoaires. A ce titre, elle apparaît comme l'un
des plus efficace mécanisme d'innovation biologique qui soit et
il faut admettre son rôle non seulement dans la formation de la
cellule hôte mais aussi dans toute l'évolution.
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