

En raison de l'importance de l'évaluation économique dans la prise de décisions politiques à l'égard du changement climatique, il existe un besoin évident d'améliorer le dialogue entre la science et l'économie dans ce secteur où la préoccupation sociale émerge. Cependant une telle évaluation économique approfondie des coûts du changement climatique sur le milieu marin, en particulier en ce qui concerne l'acidification des océans, n'a pas encore été entreprise et nécessite une étroite collaboration entre biologistes et économistes.
La Déclaration de Monaco a été rédigée à la demande de SAS le Prince Albert II, suite à Sa participation, en octobre 2008, au deuxième « Colloque International sur les Océans dans un monde riche en CO2 ». Une des principales recommandations aux décideurs politiques dans la Déclaration est d'établir des liens entre les économistes et les scientifiques, de manière à évaluer plus précisément l'étendue des impacts socio-économiques et les coûts d'une action contre l'inaction, en matière d'émissions de carbone. Bien que la science de l'acidification des océans soit encore jeune, ses prévisions pour l'environnement marin dans le monde sont si alarmantes qu'elles justifieraient une action rapide. Le projet vise à répondre à cette recommandation.
Afin de donner corps à cette recommandation et suivant les vœux formulés par SAS le Prince Albert II et SEM El Baradei, le CSM et l’AIEA ont décidé d’unir leurs efforts en créant un groupe de travail chargé d’émettre des suggestions, The Monaco Environment and Economics Group. L’une d’elles, déjà mise en application, est l’organisation d’un workshop sur l’acidification des océans qui se tiendra du 16 au 18 novembre 2010 au Musée océanographique de Monaco et qui regroupera de nombreux biologistes et économistes de réputation internationale, ainsi que des représentants d’organisations internationales et de la société civile.
Résultats attendus du workshop :
• Rassembler les chercheurs scientifiques de renommée internationale travaillant sur le sujet de l'acidification des océans et de l'économie des ressources naturelles, afin de discuter à la fois des connaissances actuelles sur l'acidification des océans, de ses effets sur la biologie des organismes, de ses impacts potentiels au niveau mondial, et des moyens pour évaluer ses coûts économiques potentiels sur la pêche, l'aquaculture et le tourisme.
• Élaborer, grâce à cette interaction entre les scientifiques et les économistes, des scénarios plausibles des coûts associés à l'acidification des océans, en relation avec les différents taux d'émission de carbone modélisés par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC).
• Offrir un lieu où les décideurs de haut niveau des politiques gouvernementales, les organisations internationales et régionales, et le secteur privé pourront être alertés en temps opportun sur l'ordre de grandeur probable des coûts sociaux liés à l'acidification des océans, coûts qui s'ajoutent à ceux précédemment estimés pour les scénarios de changements climatiques (par exemple dans le rapport Stern).
• Soutenir la « décarbonisation » plus rapide de l'économie mondiale grâce à une meilleure valorisation de la totalité des coûts sociaux des émissions de carbone et des bénéfices des actions politiques pour leur réduction.
Structure du Workshop:
Le premier workshop est prévu du 16 au 18 novembre 2010 sur deux jours et demi. Les meilleurs scientifiques au niveau international feront le point sur les conséquences biologiques de l'acidification des océans sur le milieu marin, en mettant l'accent plus particulièrement sur ses effets potentiels sur la pêche et l'aquaculture, la biodiversité et le tourisme. À leur suite, d'éminents économistes des ressources naturelles feront quant à eux le point sur les méthodes d'évaluation économique des coûts de l'acidification des océans et de leurs applications à l'évaluation des coûts sur la pêche et l’aquaculture, les industries du tourisme et sur la valeur de la biodiversité. L’ensemble des deux communautés de scientifiques développera des recommandations et une méthodologie appropriée pour examiner les différentes options politiques ou de gestion. La menace de l'acidification des océans sur la «révolution bleue» dans la production aquacole et le bien-être des personnes seront également abordées.
Le premier jour sera consacré à des présentations autour de la problématique de l’acidification des océans.
Au cours de la deuxième journée, des discussions restreintes focalisées sur :
i)
la gestion des resources naturelle
ii)la pêche / aquaculture et
iii) le tourisme
constitueront un moment de « brainstorming » sur la façon de procéder à l'évaluation de la balance des coûts économiques potentiels de l'acidification des océans à ces deux industries, les impacts sociaux potentiels et de la pertinence de ces évaluations à la formulation de la politique de l'atténuation du carbone.
Ces conclusions seront ensuite communiquées à tous les participants la dernière demi-journée, avec un plan d'actions futures et de recommandations politiques.