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  Actualité : Colloque Santé Environnement - 23 Mars 2012
 



La sensibilisation du public : le Musée océanographique

Le bilan des entreprises océanographiques de Prince a été d’une importance toute particulière dans un troisième domaine : contribuer à une meilleure connaissance, donc une meilleure compréhension, du rôle joué par le milieu marin dans un grand nombre d’activités humaines. Présenter les résultats de ses campagnes et les moyens utilisés pour les obtenir a été l’une des solutions retenues par le Prince à cette fin. Avant même l’Exposition universelle de Paris en 1889, il avait pris part à l’Exposition d’Anvers en 1885. Par la suite, il participe aux Expositions universelles ou thématiques (maritime, pêche) de Bruxelles (1897 et 1910), Paris (1900), Saint-Pétersbourg (1902), Saint-Louis (1904), Marseille et Milan (1906), Bordeaux (1907), Bergen (1910) et Vercelli (1913). C’est à la fois pour conserver et présenter ses collections de spécimens et d’instruments, et pour sensibiliser le plus large public possible que le Prince décide de créer à Monaco le Musée océanographique. La construction de l’édifice commence dès l’adjudication des travaux en 1898. Les cérémonies de pose de la « première pierre », l’année suivante, et d’inauguration, en 1910, revêtent une solennité destinée à souligner l’importance du rôle assigné à cette institution.

Les résultats des campagnes sont, tout naturellement, présentés à la communauté scientifique par des exposés à des sociétés savantes, en particulier l’Académie des sciences de Paris, ainsi qu’à des congrès nationaux et internationaux. Mais le Prince tient aussi à informer des auditoires plus vastes. Dès sa première campagne, il prononce une conférence pour la Société de géographie de Paris. Ce type de sociétés connaît alors son âge d’or et c’est le plus souvent à leurs membres que le Prince s’adresse : à Londres (1898), Laon (1899), Marseille (1904), Édimbourg, Glasgow et Munich (1907), Rome et Bruxelles (1910), Madrid et Vienne (1912), New York (1913) et Washington (1913 et 1921). Si les souverains et chefs d’État honorent de leur présence ces conférences, le Prince tient aussi à témoigner son intérêt pour les « Universités populaires » ; à trois reprises, il vient entretenir les membres de la Coopération des idées, au faubourg Saint-Antoine de Paris. Lorsqu’il décide de créer un Institut océanographique, destiné à prolonger et structurer les cours et conférences qu’il organise à Paris à partir de 1903, il prévoit que le nouvel établissement, inauguré en 1911, doit dispenser un enseignement à deux niveaux : universitaire et « populaire ».

Toujours dans l’espoir d’amplifier la portée des études océanographiques et de favoriser la coopération internationale, le Prince Albert accepte la présidence de deux commissions créées au Congrès de géographie de Genève (1908). La Commission de l’Atlantique ne survit pas à la première Guerre mondiale. La Commission de la Méditerranée est définitivement organisée à Madrid en 1919 et n’a pas cessé de poursuivre ses activités, avec le concours de Monaco et de ses Princes.
Les responsabilités assumées, les résultats obtenus prouvent à l’évidence que le Prince Albert ne s’est pas soucié d’être un Mécène ou bien un yachtsman pratiquant en amateur une « océanographie de loisir ». Ses contemporains en ont parfaitement conscience : Académies et sociétés savantes l’ont appelé à siéger parmi leurs membres et lui ont attribué leurs distinctions les plus prestigieuses, tant en Europe qu’en Amérique. C’est à Washington, au printemps 1921, qu’il a dressé lui-même le bilan de son œuvre scientifique dans son Discours sur l’Océan, avant de recevoir la médaille Agassiz, décernée par la National Academy of Sciences.

L'anthropologie

L’océanographie n’est pas le seul domaine scientifique auquel le Prince Albert s’est intéressé. Comme l’avait déjà fait son grand-père, le Prince Florestan, il pratique quelques fouilles dans les grottes de Baoussé-Roussé, à courte distance de la frontière franco-italienne, près du hameau de Grimaldi. Le travail est poursuivi par des spécialistes dont les découvertes justifient la création d’un Musée d’anthropologie préhistorique à Monaco. L’étude des cavernes du Nord-Ouest de l’Espagne, notamment à Altamira, bénéficie aussi du patronage princier. Les questions que posent l’origine de la vie, l’évolution des êtres organisés, la sélection naturelle, la lutte pour l’existence, passionnent le Prince ; pour favoriser les recherches liées à ces interrogations, il fonde à Paris l’Institut de paléontologie humaine.

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Dernière mise à jour le : samedi 28 janvier 2012
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