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  Actualité : Colloque Santé Environnement - 23 Mars 2012
 



Le prince souverrain

Les activités scientifiques du Prince Albert ne le détournent pas de ses responsabilités de Souverain. Administrer un territoire aussi exigu peut sembler tâche facile ; mais une grande vigilance s’impose pour faire vivre en harmonie une population où les nationaux sont quinze fois moins nombreux que les étrangers, d’origines et de cultures très diverses. Il convient de poursuivre l’essor de Monaco et de moderniser ses structures. Une première constitution est promulguée, codes et lois sont révisés. De nouveaux établissements scolaires, dont un lycée, ainsi qu’une bibliothèque publique sont créés. Un hôpital, doté des derniers perfectionnements, remplace l’ancien Hôtel-Dieu. Une usine d’incinération des déchets et un réseau de tout-à-l’égout sont mis en service. L’alimentation en eau potable est améliorée ; l’éclairage électrique et un réseau téléphonique sont installés. Pour diversifier l’économie, quelques industries sont implantées et le port bénéficie de travaux considérables. Un palais des beaux-arts est construit ; il accueille une exposition annuelle de peintures, sculptures et gravures ainsi que des représentations théâtrales et des conférences. Sous l’impulsion de Raoul Gunsbourg, l’Opéra acquiert une renommée mondiale.

Le souci de justice qui anime le Prince Albert se traduit, dans le domaine social, par le soutien qu’il accorde à la mutualité qu’il considère comme garante de la sécurité et de la promotion sociales pour les travailleurs. Un égal respect de la dignité humaine l’amène à intervenir avec énergie en faveur du capitaine Alfred Dreyfus.

Un homme de Paix

Enfin, apôtre infatigable de la paix entre les individus et les nations, il préconise le règlement des conflits par l’arbitrage. Après avoir accueilli le onzième Congrès universel de la Paix, il crée à Monaco un Institut international de la Paix, préfiguration de la Société des nations, dont huit membres ont reçu ou recevront le prix Nobel de la Paix. Sans relâche, il s’efforce d’obtenir sinon une réconciliation, du moins un rapprochement entre la France et l’Allemagne. Le déroulement de la première Guerre mondiale lui inspire le réquisitoire qu’est son livre La guerre allemande et la conscience universelle. Alors qu’il avait fondé tant d’espoirs dans le progrès scientifique pour instaurer la justice sociale et l’entente internationale, le conflit est une épreuve à laquelle il ne survit pas longtemps. Il meurt à Paris le 26 juin 1922.

Jacqueline Carpine-Lancre
Janvier 2004


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Dernière mise à jour le : samedi 28 janvier 2012
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