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Tambutté E., 1996. Processus de calcification d'un scléractiniaire
hermatypique, Stylophora pistillata. Croissance in situ à Mururoa.
Diplôme de Doctorat de l'Université de Nice Sophia Antipolis.
RESUME
L'objectif du présent travail était de déterminer
les mécanismes cellulaires impliqués lors de la calcification
des Scléractiniaires hermatypiques. Nous avons pour cela utilisé
un nouveau modèle biologique, la microcolonie du corail Stylophora
pistillata, qui présente l'avantage d'éliminer tout phénomène
d'adsorption non spécifique, lors de l'utilisation de radioisotopes,
en possédant un squelette entièrement recouvert de tissu
animal. Le protocole de mesure de la calcification que nous avons mis
au point utilise un isotope radioactif du calcium. Il est caractérisé
par une phase d'efflux à la fin de l'incubation qui permet de vidanger
un compartiment extracellulaire, le clentéron. L'utilisation
conjointe des microcolonies et de ce nouveau protocole nous ont permis
de mettre en évidence quatre compartiments impliqués dans
les processus de calcification. Le premier compartiment est extracellulaire
et correspond donc au clentéron. Un second compartiment,
correspondant à la totalité des tissus coralliens, est caractérisé
par un taux de renouvellement lent ( T1/2 : 20 min) pour une quantité
totale de 7 nmol Ca. mg-1 protéine et dont l'intervention dans
le transport du calcium utilisé pour la calcification semble indirecte.
Un troisième compartiment, à l'origine du calcium utilisé
pour la synthèse du squelette caractérisé par un
taux de renouvellement très rapide (T1/2 : 2 minutes) correspond
vraisemblablement à l'ectoderme calicoblastique dont les cellules
possèdent des canaux calcium sensibles aux inhibiteurs caractéristiques
des canaux calcium de type L. La caractérisation moléculaire
d'un canal calcium de type L a permis grâce à des anticorps
de le localiser sur les deux ectodermes. Le transport de calcium dans
ce compartiment est de type transcellulaire et est couplé à
des mécanismes dépendant de l'énergétique
cellulaire, probablement des Ca2+-ATPases. Enfin, un quatrième
compartiment, correspondant au squelette, est caractérisé
par un flux unidirectionnel de calcium de 975 pmol Ca. mg-1 protéine.
min-1. L'étude de ce compartiment a permis de mettre en évidence
que la calcification est un phénomène linéaire en
fonction du temps.
L'étude de l'incorporation de la matrice organique a montrée
qu'elle est couplée à l'incorporation de calcium dans le
squelette. De plus, la quantité d'acide aspartique dans le milieu
extérieur pourrait être un facteur limitant la calcification.
Le TBT, composé présent dans certaines peintures anti-salissures,
pourrait altérer la calcification en inhibant la synthèse
de la matrice organique au sein des tissus de l'animal.
L'étude ultrastructurale de l'ectoderme calicoblastique a révélé
l'importance des structures d'ancrage des tissus sur le squelette, les
processus desmoïdaux. Ceux-ci ont été décrits
par une analyse en microscopie électronique à transmission
et à balayage réalisée à la fois sur les tissus
et sur le squelette.
Mots-clefs : Scléractiniaires - Stylophora pistillata - Calcification
- Canal de type L - Calcium - Matrice organique - Processus desmoïdal
- Émersion
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