lundi 6 mars 2017

La Gazette de Monaco - Mars 2017

La vie, plus ancienne que prévue

Les théories scientifiques dépendent des observations qui les enrichissent et qui les façonnent. Ainsi, une nouvelle observation peut invalider une théorie. Plusieurs publications récentes sont ainsi venues modifier notre vision de l’apparition de la vie sur Terre et de son évolution… Contrairement à ce que l’on pensait jusqu’à présent, la vie serait apparue bien plus rapidement après la formation de la Terre.

 

Les ouvrages classiques sur l’évolution de la vie sur Terre mentionnent trois grandes étapes : la première est l’apparition de traces de vie, datée de 3,48 milliards d’années. Celles-ci correspondent au travail de bactéries proches des cyanobactéries, les stromatolithes. Ces formations, découvertes en Australie, résultent de l’activité métabolique de bactéries filamenteuses : les filaments de ces bactéries piègent les sédiments qui seront par la suite consolidés par la précipitation de calcaire (carbonate de calcium), provoquée par le métabolisme photosynthétique. En absorbant le gaz carbonique, très riche à l’époque dans l’atmosphère, les bactéries déplacent l’équilibre chimique des carbonates, qui se déposent sous la forme de carbonate de calcium. On peut observer ce phénomène dans les cascades pétrifiantes, où le calcaire se dépose sur des végétaux formant une roche appelée tuf. On trouve encore aujourd’hui dans quelques endroits au monde des stromatolithes modernes, le site le plus connu étant celui de Shark Bay, sur la côte ouest de l’Australie.

 

Professeur Denis Allemand

Directeur scientifique du Centre Scientifique de Monaco

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