jeudi 1 juin 2017

La Gazette de Monaco - Juin 2017

Le dodo et le tambalacoque

Inventée par le célèbre biologiste allemand, Ernst Haeckel, disciple de Charles Darwin, l’écologie désigne l’étude scientifique des interactions des organismes entre eux et avec leur milieu. Sans écologie, le monde n’existerait pas car il est fait d’interactions. Nous en avons déjà vu ici de nombreux exemples. L’histoire de la relation entre le dodo et le tambalacoque est à ce propos intéressante à plusieurs titres.

 

Les îles ont un statut particulier : leur éloignement des continents les isole et crée une évolution originale de leur faune. Ainsi, la faune insulaire est souvent, soit atteinte de nanisme, comme l’éléphant nain des îles méditerranéennes (Crète, Sicile, Malte) ou l’homme de Florès en Indonésie, ou au contraire de gigantisme comme le dragon de Komodo ou les tortues géantes des Galapagos. Parmi ces derniers, le dodo, ou dronte de l’île Maurice, Raphus Cucullatusest souvent cité en exemple.
Imaginons un gros pigeon, court sur pattes et au bec recourbé, incapable de voler, de 10-15kg et d’environ 1m de hauteur : le dodo était endémique à l’île Maurice. Lors de l’arrivée des Portugais sur cette île en 1598, ce drôle d’oiseau, n’ayant jamais vu l’homme, n’avait pas de raison de se méfier...

 

Professeur Denis Allemand

Directeur scientifique du Centre Scientifique de Monaco

 

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La Gazette de Monaco - Juin 2017

 

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