vendredi 14 juillet 2017

La Gazette de Monaco - Juillet/Août 2017

Les super pouvoirs des tardigrades

Certains ont dit de ce petit animal, quasi invisible à l'oeil nu, qu'il avait une origine extraterrestre. En effet le tardigrade a des capacités exceptionnelles de tolérance à de nombreux stress. Il peut vivre du sommet de l’Himalaya aux grandes fosses océaniques, des régions polaires à l’Equateur. Il résiste même au vide spatial. Qualifié d’extrêmotolérant, il fascine les hommes depuis sa découverte à la fin du XVIIIème siècle. Les tardigrades ont beaucoup de choses à nous apprendre, leur génome vient d’être analysé par une équipe japonaise…

 

 

Le qualificatif d’extrêmophile est normalement réservé à certains types de bactéries, souvent des archés, capables de résister à des conditions exceptionnelles. Parmi ces bactéries, il en est une qui a fait la fortune, non pas de son découvreur, mais des laboratoires qui ont exploité son brevet, Thermus aquaticus. Découverte en 1969 dans les sources chaudes du Parc National du Yellowstone, cette bactérie vit à 80°C.
L’une de ses enzymes, la taq polymérase, est aujourd’hui à la base d’une technique de biologie moléculaire utilisée dans tous les laboratoires du monde pour amplifier un gène, la PCR (l’amplification en chaîne par polymérase). C’est cette technique qui permet à la police scientifique de démasquer un meurtrier à partir d’un cheveu ! D’autres bactéries extrêmophiles sont capables de résister à de très fortes  pressions, à des salinités élevées (les « halophiles » de la mer Morte), à des milieux acides (pH 1) ou au contraire alcalins (lacs africains à pH 10)… Rares sont les animaux (c’est-à-dire des organismes multicellulaires) à présenter les mêmes tolérances…

 

Professeur Denis Allemand

Directeur scientifique du Centre Scientifique de Monaco

La Gazette de Monaco - Juillet/Août 2017 page 1/2

© CSM
La Gazette de Monaco - Juillet/Août 2017 page 2/2

 

Retrouver l'intégralité des Chroniques du CSM dans la Gazette de Monaco :