lundi 23 avril 2018

Publication scientifique en Biologie Médicale- Equipe Mécanismes de résistance aux thérapies ciblées

Un nouveau couple de marqueur prédictif de l’agressivité dans le cancer du rein

Véritable problème de santé publique, les carcinomes du rein à cellules claires représentent 85 % des cancers du rein. La fréquence de ce cancer est en augmentation au cours des dernières années : 11 500 nouveaux cas sont recensés chaque année en France, avec près de 4000 décès par an.
Le cancer est la conséquence d'une accumulation d'altérations génétiques, acquises au cours de la vie, au gré des divisions cellulaires. Ces dernières ne sont alors visibles qu'au niveau des cellules tumorales. Des altérations du gène suppresseur de tumeur "VHL" sont à l’origine de la majorité des cancers du rein.
Des mutations de VHL entraîne l’expression anormale de nombreuses protéines qui induisent le développement de vaisseaux sanguins. Ces vaisseaux sanguins permettent l’apport d’oxygène et de nutriments aux cellules cancéreuses, ce qui accélère la croissance tumorale. Ces découvertes majeures ont ouvert la voie au développement des thérapeutiques anti-angiogéniques (traitement détruisant les vaisseaux sanguins) qui ont révolutionné le traitement du cancer du rein métastatique.
Les cancers du rein de bas grade, non métastatiques diagnostiqués précocement sont « guéris » par résection chirurgicale. Cependant, et même si ce cancer est diagnostiqué précocement, tous les cancers du rein n’ont pas la même gravité. Une fois que la tumeur a été enlevée par chirurgie, près de 35% des patients finiront néanmoins par récidiver et cette rechute est souvent fatale. De plus, le délai entre l’opération et la réapparition du cancer peut varier de quelques mois à de nombreuses années.
Afin d’améliorer la prise en charge et le suivi des patients, il est donc nécessaire de trouver de nombreux marqueurs (protéines s’exprimant de façon anormale) permettant de prédire l’agressivité du cancer du rein lorsque celui-ci est diagnostiqué et opéré. 

 

GLUT1 et MCT1: Un nouveau couple de marqueurs prometteur dans la prise en charge des cancers du rein

Le service d’anatomopathologie du CHU de Nice avec le Dr. Damien Ambrosetti, le Centre Scientifique de Monaco avec le Dr Maeva Dufies, le service d’urologie du CHU de Nice et l’équipe CNRS UMR7284/INSERM U1081 de l’IRCAN avec les Drs Gilles Pagès et Nathalie Mazure se sont donc associés pour réaliser une étude sur un nouveau couple de marqueurs prometteurs de l’évolution péjorative du cancer du rein, GLUT1 et MCT1.

Afin de mieux prédire l’agressivité du cancer du rein lorsqu’il est diagnostiqué, nous avons étudié l’expression de différentes protéines potentiellement dérégulées suite aux altérations du gène suppresseur de tumeur VHL.
Sur 8 protéines étudiées au sein des tumeurs, nous avons montré que deux protéines, GLUT1 et MCT1 permettent de prédire  l’agressivité du cancer du rein. En effet, les tumeurs exprimant fortement et conjointement ces deux protéines (MCT1 et GLUT1) sont des tumeurs très agressives qui, après opération, amèneront à une réapparition rapide du cancer puis au décès du patient en quelques mois.

 

Quel est le lien entre l'expression de GLUT1 et MCT1 et l'agressivité du cancer du rein ?

L’expression de GLUT1 et MCT1 va favoriser « l’alimentation » des cellules tumorales et ainsi permettre à celles-ci de se multiplier rapidement, favorisant le développement du cancer.
L’objectif final est de pouvoir faire de GLUT1 et MCT1 un couple de marqueurs prédictif de l’agressivité du cancer du rein. Néanmoins, l’expression de ce couple de marqueurs devra être étudiée chez un plus grand nombre de tumeurs afin de valider sa pertinence. À terme, et après ces études complémentaires, l’analyse de l’expression de MCT1 et GLUT1 pourrait être systématiquement réalisée afin d’affiner le diagnostic et la prise en charge thérapeutique des patients atteints d’un cancer du rein.

 


Pour plus d’informations, consulter www.centrescientifique.mc ou contacter :

- Dr Maeva Dufies, Chercheur post-doctoral dans l'Equipe 'Mécanismes de résistance aux thérapies ciblées', Département de Biologie Médicale, Centre Scientifique de Monaco (mdufies@centrescientifique.mc)

- Dr Gilles Pagès, Chargé de Mission dans l'Equipe 'Mécanismes de résistance aux thérapies ciblées', Département de Biologie Médicale, Centre Scientifique de Monaco (gpages@unice.fr)