lundi 16 juillet 2018

Collecte de coraux profonds en Norvège

Du 4 au 20 juillet 2018, Magali Boussion, technicienne de laboratoire de l’équipe d’Ecophysiologie corallienne du Centre Scientifique de Monaco participe à une mission Océanographique sur le navire RV POSEIDON en Norvège.

Dirigée par Janina Bucher de l’institut GEOMAR en Allemagne, un des buts de cette mission est de collecter de nouvelles données sur une espèce de corail profond peu connue : Lophelia pertusa. Pour cela des prélèvements d’eau et de coraux sont effectués sur quatre différents récifs présents dans les régions côtières et au large des fjords Norvégiens.

Les Docteurs Christine Ferrier-Pagès et Stéphanie Reynaud du CSM qui travaillent depuis plusieurs années sur l’écophysiologie des coraux profonds, ont plusieurs objectifs dans cette mission : le premier consiste à collecter des coraux pour analyser par la suite les concentrations en lipides, protéines et carbohydrates présents dans les tissus coralliens. Les autres aspects consistent à faire des incubations à bord dans des chambres en verre pour estimer le budget de carbone des coraux et la dégradation du mucus produit par ces derniers. Enfin, la dernière expérience consiste à nourrir différentes colonies avec des proies marquées par des isotopes stables naturellement rares de carbone et d’azote, utilisés comme des traceurs (13C et 15N). Une fois ingérés, ces traceurs pourront être suivis par spectrométrie de masse dans les différents compartiments des tissus coralliens. Tous ces prélèvements seront ultérieurement analysés au sein des laboratoires du CSM. La collecte des coraux se fait avec le sous-marin JAGO de l’institut GEOMAR qui peut aller a une profondeur de 400 mètres. Pour chaque plongée, un bras situé à l’avant du JAGO permet de prélever délicatement des coraux en les récupérant dans un panier fixé sur le submersible. Toutes les plongées sont filmées avec des caméras attachées au JAGO. Pour les prélèvements d’eau, une rosette (dispositif de 12 bouteilles de 10L permettant de prélever l'eau de mer) est déployée plusieurs fois par jour à proximité des récifs étudiés.

Vous pouvez suivre ici les déplacements en direct du POSEIDON, eici le blog de la mission.

© Nico Schleinkofer
La rosette du navire POSEIDON est déployée plusieurs fois par jour à proximité des récifs étudiés pour effectuer des prélèvements d'eau.

 

13/07/2018

Nous sommes désormais à la moitié de la mission. J’ai embarqué à bord du POSEIDON le 04 juillet 2018 avec deux autres scientifiques, Tina Kutti de l’IMR et Nico Schleinkofer de l’université de Goethe, dans un endroit très reculé de la Norvège : Nordleksa. C’est une petite île située à trois heures en voiture de Trondheim et reliée à la côte par deux ferries journaliers. Sur cette île seulement deux fermiers vivent à l’année, ils nous ont accueillis pour une nuit avant que nous puissions être récupérés par un semi-rigide pour la mission. C’est un endroit magnifique et très calme, une côte rocheuse et des criques sauvages remplies d’oiseaux marins et de loutres.

© M. Boussion (CSM)
Vue de l'île Nordleksa prise du navire POSEIDON.
© M. Boussion (CSM)
Départ en semi-rigide pour rejoindre le POSEIDON pour la mission en Norvège.
© CSM
Les scientifiques : Tina Kutti de l’IMR, Nico Schleinkofer de l’Université de Goethe et Magali Boussion du Centre Scientifique de Monaco se préparent à embarquer à bord du POSEIDON pour leur mission en Norvège.

Le jour de notre arrivée, une plongée avec le JAGO avait permis de récupérer des échantillons de coraux du récif corallien Nordleksa du Fjord de Trondheim. Une fois à bord, Janina et tout l’équipage nous ont accueillis et après un rapide tour d’horizon nous avons pu commencer nos tâches respectives.

En ce qui me concerne, je participe à une tâche commune qui consiste à faire des filtrations d’eau de mer afin de récupérer les différentes composantes du plancton. Pour cela, une rosette est déployée plusieurs fois par jour dans la zone des 160 mètres environ 10-20 mètres au dessus des récifs. Elle contient 12 bouteilles Niskin de 10L chacune. Nous passons cette eau sur différentes tailles de filtres pour estimer l’abondance de zooplancton et de phytoplancton. La signature isotopique naturelle en 13C et ∂15N de ces différents groupes sera analysée puis comparée à celle des tissus coralliens. Ceci nous aidera à comprendre de quel type de proies se nourrit le corail.

© M. Boussion (CSM)
La collecte des coraux s'effectuera avec le sous-marin JAGO de l’institut GEOMAR dans les récif de Nordleksa, Fjord de Trondheim.
© M. Boussion (CSM)
Les filtrations d’eau de mer commencent afin de récupérer les différentes composantes du plancton.
© M. Boussion (CSM)
L'eau de mer recueillie passera sur différentes tailles de filtres pour estimer l’abondance de zooplancton et de phytoplancton.

Après ces filtrations, j’ai collecté le mucus de trois différentes colonies pour déterminer les teneurs en carbone organique particulaire et dissous émis par le corail. J’ai alors réalisé une incubation sur 48 heures de ce mucus et un échantillonnage au cours du temps. Nous pourrons, après analyse au laboratoire du CSM, estimer la dégradation du mucus en fonction des bactéries associées.

Le jour suivant j’ai terminé les incubations de 5 autres colonies pour que, par la suite, le budget carbone puisse être calculé. Enfin les premières colonies pour l’expérience avec les proies marquées ont été mises en bac. Suite au stress du prélèvement, nous les laissons s’adapter afin d’avoir une ouverture optimale des polypes.

© M. Boussion (CSM)
Laboratoire d'analyse mis en place sur le navire POSEIDON pour les expériences à réaliser.
© M. Boussion (CSM)
Réservoir où sont installés les coraux collectés par le JAGO.
© M. Boussion (CSM)
Expériences d'incubation sur les coraux collectés.

Le jour suivant, nous avons navigué jusqu’au nord des Iles Lofoten situées au nord de la Norvège correspondant à notre deuxième site de prélèvement (Steinavaer reef). Un nouveau échantillonnage a été alors répété ainsi que les mêmes expérimentations. Après trois jours, nous nous sommes dirigés sur le troisième récif au large sud des Lofoten (Hola reef). Après les côtes montagneuses particulièrement abruptes entourant le récif de Hola, nous sommes en pleine mer et nous réalisons notre troisième échantillonnage.

J’ai eu la chance hier d’aller dans le JAGO pour le prélèvement des colonies de Hola reef et j’ai ainsi pu faire probablement la plongée la plus profonde de ma vie : -270 mètres !

© M. Boussion (CSM)
Arrivée sur le 2ème site de prélèvement : Iles Lofoten, Norvège.
© M. Boussion (CSM)
Images prises du JAGO (GEOMAR, Kiel), -270mètres, Hola Reef
© M. Boussion (CSM)
Images prises du JAGO (GEOMAR, Kiel), -270mètres, Hola Reef.

 


 Pour plus d’informations, consulter www.centrescientifique.mc ou contacter :

- Mme Magali Boussion, Technicienne supérieure dans l'équipe d'Ecophysiologie du Département de Biologie Marine du Centre Scientifique de Monaco (mboussion@centrescientifique.mc)

- Dr Christine Ferrier-Pagès, Directeur de Recherche, Responsable de l’équipe d'Ecophysiologie, Département de Biologie Marine, Centre Scientifique de Monaco (ferrier@centrescientifique.mc)

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